Appel à communications: Mythes et folklores celtiques dans le monde anglophone

La journée d’étude, qui aura lieu le vendredi 6 novembre 2020 à l’Université Savoie Mont Blanc (USMB), Chambéry, est portée par les laboratoires interdisciplinaires LLSETI (Langages, Littératures, Sociétés. Études Transfrontalières et Internationales, EA 3706) de l’Université Savoie Mont Blanc, et Babel (Langages, littératures, civilisations et sociétés, EA 2649) de l’Université de Toulon.

L’événement, soutenu par le CRECIB (Centre de Recherches et d’Etudes en Civilisation Britannique) et la SOFEIR (Société Française d’Etudes Irlandaises), est co-organisé par Noémie Beck, Maître de Conférences en Civilisation britannique et irlandaise à l’USMB, et Frédéric Armao, Maître de Conférences à l’Université de Toulon, tous deux spécialistes des mythes et folklores celtiques.


Cette journée d’étude est la première d’une série de journées d’étude, qui se tiendront chaque année en alternance entre l’USMB et l’Université de Toulon.


Si les légendes celtiques ont été redécouvertes, collectées, traduites, publiées et étudiées depuis le milieu du XIXe siècle, elles restent à ce jour peu connues, à la fois de la communauté scientifique (toutes disciplines confondues), des étudiants et du grand public, la documentation écrite restant limitée, complexe et difficile d’accès. Les Celtes de l’Age du Fer avaient en effet une tradition orale ; leurs mythes et croyances religieuses furent mis par écrit par des moines chrétiens à l’époque médiévale et furent ainsi façonnés par diverses influences (indo-européenne, celtique, gréco-romaine, nordique, chrétienne et médiévale). A cette complexité s’ajoute le débat autour de la définition et de l’existence même d’une civilisation « celtique » (Jean-Louis Brunaux, Les Celtes : Histoire d’un mythe, 2014), et l’affluence de stéréotypes, amalgames et fantasmes développés par les Celtomanes (James Macpherson, The Works of Ossian, 1765), les nationalistes et les mouvements néo-celtiques du XVIIIe et XIXe siècles. Ces images furent par la suite véhiculées au XXe et XXIe siècles par des ouvrages grand public pseudo-scientifiques (Jean Markale, La femme celte, 1972), la résurgence de mouvements néo-druidiques (en 2010, le druidisme est officiellement devenu une religion au Royaume-Uni), la vente d’objets, de bijoux et de séances de sorcellerie dits « celtiques » sur Internet, l’influence de l’imaginaire celtique sur les musiques populaires modernes et contemporaines (allant d’artistes populaires, tels que Clannad ou Enya, à des groupes de heavy metal et metal celtique, tels que Cruachan, Waylander et Absu) et le développement de festivals (Festival Interceltique de Lorient, Morbihan ; Festival Celte en Gévaudan, Haute-Loire), sans mentionner l’appropriation et l’exploitation politique de l’imagerie celtique par une frange de la population (nationalistes d’extrême droite) au XXe et XXIe siècles.


Les Celtes sont en effet aujourd’hui très « à la mode » et leur représentation donne lieu à de nombreuses imprécisions et clichés fantasmagoriques. Le but de cette série de journées d’étude annuelles n’est pas de remettre en question l’existence d’une civilisation celtique, ni de dénigrer les différents mouvements celtiques contemporains, mais de discriminer et d’analyser les différents aspects, anciens et actuels, traditionnels et modernes, authentiques et revisités, des mythes et légendes dits « celtiques ».


Les légendes, traditions et arts celtiques sont en effet d’une extrême richesse, tant par leurs dimensions religieuses, imaginaires que merveilleuses. Elles ont influencé de nombreux auteurs et artistes à travers les âges (le roman arthurien, Shakespeare, Yeats, Joyce, Tolkien, Rowling…) et font partie intégrante de l’histoire, de l’identité et de la culture de nombreux pays anglophones, tels que la Grande-Bretagne (Ecosse, pays de Galles, Angleterre), l’Irlande, l’Ile de Man et les pays de diasporas irlandaise, écossaise ou galloise (Etats-Unis, Canada, Australie, etc.). L’étude du lien unissant les anciennes traditions et la mythologie dite « celtique » d’une part, et le folklore moderne, puis la culture populaire contemporaine, d’autre part, est particulièrement fructueuse : s’interroger sur le « celtique », c’est aussi – peut-être surtout – s’interroger sur l’évolution des traditions à travers les siècles, leur adaptation aux populations les embrassant, les influences subies ou provoquées. A cet égard, la distinction et les relations entre « mythe » et « folklore », cet épiphénomène populaire du mythe, devraient être valorisées par la recherche.


Ce projet, qui se veut à la fois international, interdisciplinaire et diachronique, est innovant car inexistant en France à ce jour. Il s’agit en effet de faire collaborer et dialoguer des chercheurs de disciplines, de méthodologies et d’horizons différents (Etudes anglophones, Etudes celtiques, Histoire, Littérature, Ethnologie/Anthropologie, Arts, Communication Hypermédia…), afin d’enrichir la recherche dans le domaine, d’en faire découvrir les caractéristiques et les intérêts, et d’aboutir à des projets exhaustifs, dynamiques et créatifs, à la fois pour la communauté scientifique, les étudiants et le grand public. Des projets en cours s’inscriront dans ces JE, tels que le projet commun alliant réalité virtuelle, arts numériques et légendes irlandaises porté par les Départements LLCER Anglais et Communication Hypermédia de l’USMB, dont les objectifs sont à la fois universitaires, pédagogiques et culturels. Le lien avec les étudiants nous semble particulièrement important : ceux-ci seront invités à assister aux JE, à participer et à présenter leurs recherches (Master, Doctorat).


La première journée d’étude sera une rencontre des différents chercheurs de toutes disciplines intéressés par ce projet à long terme. Afin de connaître les travaux, méthodologies et centres d’intérêt de chacun, et de mener des projets communs, la communication de chaque participant consistera en une présentation de ses recherches et projets en lien avec ce domaine. La JE se terminera par une table ronde qui permettra aux différents intervenants d’échanger leurs idées et de débattre sur de nouvelles perspectives scientifiques de diffusion, de création, et d’innovation autour des mythes et folklores celtiques, notamment pour le grand public.

Thématiques à l’étude :


 Thématiques traditionnelles :
o Textes mythologiques médiévaux de l’Irlande (La Bataille de Moytura, La razzia des vaches de Cooley…) et du pays de Galles (Y Goddodin, les Mabinogion…), du VIIe au XVIIe siècles, relatant les légendes des dieux (Lugh, la Morrígan…), héros (Cúchulainn, Fionn Mac Cumhaill …), et rois mythiques (Cormac Mac Airt, Conn Cétchathach…). Etude des survivances celtiques et des influences chrétienne, médiévale, gréco-romaine, nordique, etc. Comparaison avec d’autres pays ou mythologies du monde antique, mais aussi avec des religions, coutumes et traditions contemporaines qui permettent de mettre en lumière certains aspects des mythes celtiques.
o Folklores et cultures populaires de la Grande-Bretagne, de l’Irlande et des pays de diasporas irlandaise, écossaise, galloise. Etude des légendes, coutumes, traditions orales populaires qui ont été collectées et étudiées depuis le XIXe siècle dans ces différents pays/nations. Le projet prend le monde anglophone comme point de départ : des comparaisons avec la Gaule et/ou les zones influencées par la culture celtique en Europe (à l’évidence, la Bretagne en premier lieu) demeurent donc pertinentes, du moment qu’elles sont envisagées d’un point de vue comparatiste.


 Thématiques contemporaines :
o Survivances de légendes et traditions celtiques dans les cultures britanniques, irlandaises, américaines, canadiennes, australiennes…
o Evolution des traditions celtiques anciennes dans les sociétés modernes et contemporaines (Hallow’een…).
o Réutilisation, invention, revisitation des mythes anciens à des fins identitaires et/ou politiques (par exemple en Irlande, à la fin du XIXe, début du XXe).
o Développement de « nouvelles » religions païennes modernes et contemporaines : néopaganisme, néo-druidisme, influence de la Wicca et autres mouvements revendiquant leur association à la sorcellerie.
o Réemploi, valorisation et revisitation des mythes anciens à travers les arts, la littérature, le numérique…


Les propositions de communication devront comporter un titre, un résumé d’environ 300 mots, une bibliographie succincte et une courte notice biographique. Les langues de communication sont le français et l’anglais. Elles sont à envoyer avant le 15 avril 2020 aux deux adresses suivantes : Noémie Beck : noemie.beck@univ-smb.fr et Frédéric Armao : armao@univ-tln.fr


Lieu de la journée d’étude : Campus de Jacob-Bellecombette, Université Savoie Mont Blanc, Chambéry, Savoie.


Les repas (pauses-café, déjeuner et diner) sont offerts par le laboratoire LLSETI et le laboratoire Babel.


Les frais d’hébergement et de déplacement sont à la charge de votre laboratoire ou de votre université.


Les frais d’hébergement et de déplacement sont à la charge de votre laboratoire ou de votre université.

Call for Papers


Celtic Myths and Folklores in the Anglophone World
The University of Savoie Mont Blanc, Chambéry, France
November 6th, 2020


The Workshop, which will take place on Friday, November 6th 2020 at the University of Savoie Mont Blanc (USMB), Chambéry, Savoie, France, is supported by the CRECIB (French Centre for British Studies), the SOFEIR (French Society for Irish Studies) and the two interdisciplinary research teams LLSETI (Languages, Literatures and Societies: Transnational and International Studies, EA 3706), the University of Savoie Mont Blanc (USMB),4 and Babel (Languages, Literatures, Civilisations and Societies, EA 2649), the University of Toulon.5 The event is co-organised by Noémie Beck, Senior Lecturer in British and Irish History at USMB, and Frédéric Armao, Senior Lecturer at the University of Toulon; both specialists in Celtic myths and folklores. This workshop is the first of a series of workshops, which will alternately take place at the University of Savoie Mont Blanc and the University of Toulon every year.


While Celtic legends have been rediscovered, collected, translated, published and studied since the middle of the 19th century, they have thus far remained little known to the scientific community, students and the general public, largely because the written documentation is limited, complex and not easily accessible. Indeed, the Iron Age Celts had an oral tradition; their myths and religious beliefs were written down by Christian monks in medieval times, and were thus shaped by various influences (Indo-European, Celtic, Greco-Roman, Nordic, Christian and medieval). Added to this complexity is the debate on the definition and the very existence of a ‘Celtic’ civilisation (Jean- Louis Brunaux, Les Celtes : Histoire d’un mythe, 2014), and the profusion of stereotypes, conflations and fantasies developed by Celtomans (James Macpherson, The Works of Ossian, 1765), nationalists and neo-Celtic movements in the 18th and 19th centuries. These images were then spread in the 20th and 21st centuries by pseudo-scientific mainstream books (Jean Markale, Women of the Celts, 1972), the revival of neo-druidic movements (in 2010, druidism became an official religion in the UK), the selling of ‘Celtic’ objects, jewels and witchcraft sessions on the Internet, the influence of Celtic fantasy on modern and contemporary popular music (ranging from popular artists, such as Clannad and Enya, to more obscure underground heavy and Celtic metal bands, such as Cruachan, Waylander and Absu), and the development of festivals (Festival Interceltique in Lorient, Morbihan, Brittany; Festival Celte in Gévaudan, Haute-Loire, Auvergne-Rhône-Alpes, France), not to mention the appropriation and the political exploitation of Celtic imagery by a fraction of far-right nationalists in the 20th and 21st centuries.
Nowadays, the Celts are indeed ‘in vogue’, which gives rise to many imprecisions and phantasmagorical clichés. The aim of this series of annual workshops is neither to call into question the existence of a Celtic civilisation nor to denigrate the various contemporary ‘Celtic’ movements, but rather to critically analyse the various aspects of ‘Celtic’ myths and legends, be they past or present, traditional or modern, authentic or revisited.


Celtic legends, traditions and arts are indeed extremely rich in their religious, imaginary and magical dimensions. They have influenced many an author and artist throughout the ages (the Arthurian cycle, Shakespeare, Yeats, Joyce, Tolkien, Rowling…) and have become an integral part of the history, identity and culture of many Anglophone countries, such as Great Britain (Scotland, Wales and England), Ireland, the Isle of Man, and the Irish, Scottish and Welsh Diaspora countries (the USA, Canada, Australia, etc.). The study of the link between the ancient traditions and Celtic mythology, on the one hand, and modern folklore and popular contemporary culture, on the other hand, is particularly productive: questioning the ‘Celtic’ also – and perhaps above all – entails examining the evolution of traditions throughout the centuries, their adaptation to the populations that have espoused them, and the various influences that have been imposed or provoked by them.


In this regard, the distinction and links between ‘myth’ and ‘folklore’ – the popular epiphenomenon of myth – is a valuable research topic.
This project, which is international, interdisciplinary and diachronic, is innovative, such topics never having been seriously studied in France before. The aim is to make researchers from different disciplines, methodologies and horizons (Anglophone Studies, Celtic Studies, History, Literature, Ethnology/Anthropology, the Arts, Communication Hypermedia…) work and debate together, so as to enrich research in this specific domain, introduce its characteristics and interests to nonspecialists, and carry out exhaustive, dynamic and creative projects for the scientific community, students and the general public. Ongoing projects will be included in these workshops, such as the common research project carried out by the English and Hypermedia Communication Departments of USMB, combining virtual reality (VR), digital arts and Irish legends, whose aims are scientific and pedagogical, as well as cultural. Working closely with students seems particularly important to us too. They will be invited to attend the workshops and present their research (Masters, PhD).


This first workshop will allow researchers from different disciplines, interested in this longterm project, to meet. With the aim of apprehending the work, methodologies and interests of each participant, each paper will consist in the presentation of one’s research and projects in relation to the subject. The workshop will end with a roundtable during which every participant will have the opportunity to share their ideas and constructively debate new scientific perspectives (publication, creation, innovation) regarding Celtic myths and folklores, notably regarding their transmission to the general public.

Potential paper topics:


 Traditional themes:
o Irish and Welsh mythological texts dating from the Middle Ages – 7th-12th centuries – (The Battle of Moytura, The Cattle Raid of Cooley, Y Goddodin, The Mabinogion…), recounting the legends of the gods and goddesses (Lugh, the Morrígan…), heroes (Cúchulainn, Fionn Mac Cumhaill…), and mythical kings (Cormac Mac Airt, Conn étchathach…). Study of Celtic legacy and Greco-Roman, Nordic, Christian, medieval, etc., influences. Comparison with other countries or mythologies of the Antique World, as well as with contemporary religions, customs, and traditions which can highlight some aspects of the Celtic myths.
o Folklores and popular cultures of Great Britain, Ireland, and Irish, Welsh and Scottish Diaspora countries. Study of the popular oral legends, customs, and traditions which have been collected and studied since the 19th century in these various countries or nations.
The Anglophone world is the starting point of this project: comparisons with Gaul and/or areas influenced by Celtic culture in Europe (obviously, Brittany in the first place) are relevant, as long as they are made from a comparative point of view.


 Contemporary themes:
o The survival of Celtic legends and traditions in British, Irish, American, Canadian and Australian contemporary cultures.
o Evolution of ancient Celtic traditions in modern and contemporary societies (Hallow’een…).
o Re-use, invention, revisitation of the ancient myths for identity and/or political purposes (for instance in Ireland, at the end of the 19th, beginning of the 20th centuries).
o Development of ‘new’ modern and contemporary pagan religions: neo-paganism, neodruidism, influence of Wicca and other movements claiming their association to witchcraft.
o Re-use, valorisation and revisitation of the ancient myths through the Arts, literature, digital technology…


Proposals should include: title, 300-word abstract for each paper submitted, a brief biography and a short bibliography. We accept papers in English or French. Please send to Noémie Beck: noemie.beck@univ-smb.fr and Frédéric Armao: armao@univ-tln.fr by 15 April 2020.


Location of the workshop: Jacob-Bellecombette Campus, the University of Savoie Mont Blanc, Chambéry, Savoie, France.


Coffee breaks, lunch and dinner will be provided by the LLSETI and Babel research teams.


Accommodation and travel expenses must be covered by your own research team or university.