Mathieu Ferradou

Titre : Docteur - Université : Le Mans - Département : Histoire

Recherche et responsabilités

Thèmes de recherche

-Âge des révolutions (1760-1830) -Révolution/ République atlantique -Radicalisme/ radicalisation et hétérotopies -Politisation des classes populaires et sociétés (secrètes) populaires -Violences, révoltes, contestations et révolutions -Circulations franco-irlandaises et réseaux transatlantiques et transmanches -Nations et empires -Histoire de l’Irlande, des Îles britanniques, des États-Unis à l’Âge des révolutions.  

Sujet de thèse

"Aux Etats-Unis d'Irlande et de France" : circulations révolutionnaires entre France et Irlande à l'époque de la République atlantique.

 

Avec l’entrée en république de la France à l’été 1792, soudainement le potentiel révolutionnaire initié par le bouleversement de 1789 se déploie pour l’Irlande. Dans un contexte d’agitation populaire menée par les Irlandais Unis et les Defenders en Irlande, les exilés irlandais à Paris entrent, eux aussi, en république, d’abord à l’échelle micro-locale lors de la « République au Collège », prise de contrôle éphémère par les étudiants du Collège irlandais de Paris, puis à travers le « festin patriotique », un rassemblement festif de toute la galaxie révolutionnaire atlantique, et particulièrement des « citoyens » des Trois Royaumes.

 

Ces deux évènements initient un processus d’engagement personnel de chacun des protagonistes et une dynamique révolutionnaire transnationale à travers le projet d’avènement de la « République des Etats-Unis d’Irlande et de France », elle-même inscrite dans la perspective plus large de la « République atlantique ». Cet engagement et cette dynamique se déploient d’abord dans le cadre des activités à la fois publiques et couvertes de la société des Anglais, Ecossais et Irlandais de Paris ou Société des Amis des Droits de l’Homme (SADH). Elles contribuent, par le rapprochement entre la France et la SADH, à déclencher la guerre entre l’Angleterre et la France.

 

La dialectique entre dynamique républicaine et contre-républicaine dans le cadre des French Wars conduit les protagonistes de la Républiques des Etats-Unis de France et d’Irlande à poursuivre et approfondir leur projet, dans une remarquable continuité entre 1792 et 1798. Tout en reconfigurant ses modalités, en variant les répertoires de l’action  révolutionnaire en fonction des évolutions du contexte politique et géopolitique, ce projet républicain  transnational atteint son apogée avec les expéditions franco-irlandaises de 1796 et 1798.

En suivant les parcours de vingt-huit Irlandais patriotes et républicains, en reconstituant leurs réseaux de sociabilité et de circulations, il s’agit d’interroger les raisons et les modalités de l’engagement, dans une perspective d’histoire sociale des idées politiques, c’est-à-dire en étudiant le passage des mots à la pratique, en fonction des circonstances et du cadre social. Dans la dialectique entre Révolution et Contre-Révolution, cet engagement aboutit à un processus de « radicalisation ». Ce faisant, cette thèse interroge l’historiographie existante sur la décennie 1790 en Irlande en cherchant à la replacer dans un contexte de synergies révolutionnaires et en explorant le concept de République atlantique, proposant un regard neuf sur le processus de politisation populaire en Irlande.



'To the United States of France and Ireland': revolutionary circulations between France and Ireland in the Age of the Atlantic Republic.

With the advent of the republic in France in the summer of 1792, the revolutionary potential initiated by the upheaval of 1789 suddenly exploded in Ireland. In a context of rising popular discontent led by the United Irishmen and the Defenders in Ireland, the Irish exiles in Paris also embraced the republic, first at the micro-local scale of the Irish College in Paris of which the students took control in a fleeting but highly significant moment, the ‘République au Collège’, then at the ‘festin patriotique’, a gathering of all the Atlantic revolutionary galaxy, but most notably of the ‘citizens’ of the Three Kingdoms.

 

These two events initiated a process of personal engagement for each of the protagonists and a transnational revolutionary dynamic through the project of establishing the ‘Republic of the United States of France and Ireland’. This commitment and this dynamic were extant throughout the activities, both public and covert, of the Society of the English, Scottish and Irish at Paris or Société des Amis des Droits de l’Homme (SADH). They contributed, because of the collaboration between France and the SADH, to spark the war between England and France.

 

The dialectic between the republican and counter-republican dynamics in the context of the French Wars led the protagonists of the Republic of the United States of France and Ireland to pursue and further define their project in an astonishing continuity between 1792 and 1798. While this republic project varied in its forms and modalities due to the changing political and geopolitical context, it reached its apex with the Franco-Irish expeditions of 1796 and 1798.

 

Following the paths of twenty eight Irish republican patriots, and examining their networks of sociability and circulations, enable to question the motivations and forms of political engagement, in the perspective of a social history of political ideas, i.e. by studying the transition from words to acts, which depends on the circumstances and on the social environment. In the dialectic between Counter-Revolution and Revolution, this engagement leads to a process of ‘radicalisation’. By doing so, this dissertation aims at questioning the prevailing historiography of the 1790s in Ireland, by replacing it in its context of revolutionary synergies and by exploring the concept of the Atlantic Republic, thereby offering a new take on the process of popular politicisation in Ireland.

 

Publications

Articles dans des revues à comité de lecture :

 

2021

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  • « “Aux États-Unis de France et d’Irlande“ : circulations révolutionnaires entre France et Irlande à l’époque de la République atlantique », Position de thèse, La Révolution française. Cahiers de l’IHRF, n°20, 2021 (versions française et anglaise), https://doi.org/10.4000/lrf.4918

 

 

 

2019

 

 

 

2016 

 

  • « La République au collège, Paris, 29 octobre 1792 : catholicisme, radicalisme et républicanisme entre France et Irlande pendant la Révolution française (1792-1795) », Études irlandaises, vol. 41, no 2, numéro spécial L’Irlande et sa république passée, présente et future / Ireland’s Republic, Past, Present and Future, dirigé par Karin Fischer et Clíona Ní Ríordáin,automne-hiver 2016, p. 119-133 : https://etudesirlandaises.revues.org/5021  

 

  • Direction de publication du numéro spécial de La Révolution française – Cahiers de l’IHRF, n° 11, L’Irlande et la France à l’époque de la République atlantique, n° 11, 2016. http://lrf.revues.org/1623

 

  • Introduction de ce même numéro : « L’Irlande et la France à l’époque de la République atlantique : historiographie et nouvelles approches ». http://lrf.revues.org/1626  

 

 

2015

 

  • « Histoire d’un « festin patriotique » à l’hôtel white (18 novembre 1792) : les Irlandais patriotes à Paris, 1789-1795 », Annales historiques de la Révolution française, no 382, octobre-décembre 2015, p. 123-143 : http://ahrf.revues.org/13560  

 

 

2013

 

  • Recension : « David V. Erdman, Commerce des Lumières. John Oswald and the British in Paris, 1790-1793 », La Révolution française – Cahiers de l’IHRF, n° 5, 2013. http://lrf.revues.org/979

Autres publications :

 

2021

 

  • « Les Républicains irlandais face à l’Empire britannique, 1791-1803 », L’Idée libre, n° 335, décembre 2021.

 

 

2019

 

 

 

2016